Une étape que j'aurais voulu éviter et qui pourtant me fait le plus grand bien.
Se retrouver dans la maison de son enfance à 55 ans est une expérience plutôt positive pour moi,
si ce n'est le trio que je formais avec mes enfants qui a volé en éclat mais on va dire qu'il était temps.
Nous allons nous retrouver bientôt dans des conditions plus propices à l'épanouissement de chacun.
Ma mère n'a rien lâché quand à son autorité naturelle, tant qu'elle est dans ses murs, c'est elle la patronne!
Cela m'a provoqué quelques réminiscences de mon passé mais je ne me suis pas laissée faire. En usant de toute ma diplomatie, je n'ai pas tout abandonné de mes mauvaises habitudes :-)
Elle, c'est une horloge Suisse, moi... pas mieux que l'horloge dégoulinante de Dali pour symboliser le temps dans ma vie quotidienne.
Elle, c'est l'abnégation apprise contre son gré d'une mère pieuse à l'excès:
Tout plaisir est péché et même si elle s'en est toujours défendue, à en devenir farouchement athée, toute sa vie en a été marquée.
Evidemment j'ai aussi cette empreinte un peu plus délavée mais qui est réapparue dès le début de ma vie d'adulte "responsable".
J'ai mis plus de 10 ans à rééquilibrer tout ça (et c'est encore fragile), c'est en revenant vivre avec elle que je mesure le changement et je ne suis pas prête à rechausser des "chaussures vernis" (qui me faisaient mal mais c'étaient beau! :-)
Parallèlement, en travaillant sur les paperdolls (poupées en carton à habiller) pour le site de dessin Signus, je me suis trouvée plongée dans l'univers de la mode: LA passion de ma mère!
Sous couvert de l'utile (toujours) c'est là qu'elle s'est éclatée.
Enfin nous avons un intérêt commun maintenant que je trouve un réel bonheur à dessiner la mode!
Pour aller plus loin, plus que la mode, c'est cette envie de voir du beau, de le faire, de l'inventer qui nous réunit.
dimanche 7 octobre 2012
mercredi 22 août 2012
Qu'est-ce qu'un tableau réussi? (suite)
Quel suspens! ...
2 jours que vous attendez La réponse et vous croyez que je vais vous la donner! moi , qui n'en est jamais terminé un seul!
Ah mais il ne faut pas croire tout ce qui est écrit sur le net ! :-)
Soyons sérieux, j'aimerais tout simplement vous livrer les fruits de ma réflexion (voir billet précédent)
Je reprends le tableau de Caillebotte
Au vue de son succès je me suis demandée ce qui m'attirait: la lumière, l'esthétique des corps, une certaine sensualité, l'atmosphère (référence à mon enfance dans la sciure de bois près de l'établi de mon père)... mais bon, ça c'est personnel, c'est mon histoire...
alors quoi d'autre pourrait faire l'unanimité?
Une certaine "simplicité" de la scène? les mots: clarté, pureté, netteté me viennent à l'esprit.
Pourquoi cette impression?
Alors j'ai pris une feuille et un crayon en espérant trouver quelques indices
2 jours que vous attendez La réponse et vous croyez que je vais vous la donner! moi , qui n'en est jamais terminé un seul!
Ah mais il ne faut pas croire tout ce qui est écrit sur le net ! :-)
Soyons sérieux, j'aimerais tout simplement vous livrer les fruits de ma réflexion (voir billet précédent)
Je reprends le tableau de Caillebotte
Au vue de son succès je me suis demandée ce qui m'attirait: la lumière, l'esthétique des corps, une certaine sensualité, l'atmosphère (référence à mon enfance dans la sciure de bois près de l'établi de mon père)... mais bon, ça c'est personnel, c'est mon histoire...
alors quoi d'autre pourrait faire l'unanimité?
Une certaine "simplicité" de la scène? les mots: clarté, pureté, netteté me viennent à l'esprit.
Pourquoi cette impression?
Alors j'ai pris une feuille et un crayon en espérant trouver quelques indices
C'est en faisant le croquis que j'ai compris
Les 3 hommes sont parfaitement unis dans la même tâche, ça c'est assez simple grâce à l'effet de perspective pour ceux de face et la direction du geste que fait celui de gauche (malgré que je l'ai mis un peu trop en avant).
La distribution de la lumière ajoute d'autres éléments: Elle favorise largement le personnage du centre mais nous ne voyons pas son visage qui est dans l'ombre, concentré qu'il est sur son geste. Par contre le visage des deux autres personnages est partiellement éclairé de telle manière que l'on perçoive une sorte de dialogue avec celui du centre. Le peintre semble nous montrer celui qui est le chef d'équipe. Celui sur lequel les deux autres s'appuient, obéissent...
je trouve cela fabuleux! quelques lumières posées là et pas ailleurs, un port de tête plus ou moins appuyé, l'utilisation des perspectives.. et je ne parlerai pas de tous les indices qu'il a du mettre grâce à son talent de peintre, voilà comment Caillebotte nous aimante vers son oeuvre.
C'est là que j'en reviens à l'analyse de Dominique Bertrand sur le (les) langage déterminant de notre condition humaine.
Un tableau réussi ne peut être qu'un acte de pure création (propre à l'homme) et empli de toutes les formes de langage dont il dispose grâce à la maîtrise de son art.
Fort à propos, aujourd'hui sur Signus, P Herzeel nous à mis cette citation qui rejoint tout à fait ce post
Sir Josué Reynolds
Dans la pratique des arts, il est essentiel de tenir un œil vigilant et sévère sur nous-mêmes ; car la paresse se cachant sous l'apparence spécieuse de l'industrie cherche à nous aveugler par le défaut d'exercice de nos facultés ; et nous prenons le vain prétexte d'assembler les matériaux, de faire une infinité de recherches et d'observations, de nous occuper même du travail mécanique de copier, pour nous affranchir du travail véritable, celui de voir et de penser par nous-mêmes.
lundi 20 août 2012
Qu'est-ce qu'un tableau réussi?
Question que tout "faiseur d'images" se pose qu'il soit photographe, peintre, dessinateur...
Ce dimanche, sur FB, après une discussion avec Véronik au sujet d'une de ces dernières compositions,
la lecture d'un travail de Dominique Bertrand sur ce que fait et défait l'homme par sa singularité: LE LANGAGE
"The Floor Scrapers (1875)"
Un début de réponse m'est apparu clairement:
Cette oeuvre remporte une certaine unanimité (je n'ai encore rencontré personne qui la décriait), Pourquoi?...
Ce dimanche, sur FB, après une discussion avec Véronik au sujet d'une de ces dernières compositions,
la lecture d'un travail de Dominique Bertrand sur ce que fait et défait l'homme par sa singularité: LE LANGAGE
approcher sous les angles les plus divers (et sans ordre a priori) une énigme centrale : ce qu'humain veut dire. ----------------------------- - REFLEXIONS NEOTENIQUES :
Les Zumains sont des animaux bipèdes - du genre primate - dont la caractéristique est de naître alors qu'ils ne sont pas complètement terminés, et qui sont du coup victimes du langage. Ce dernier est en effet un prédateur immatériel d'une nature particulière : il ne tue pas ses proies, mais déploie en elles une zone d'indétermination qui les rend à la fois très vulnérables individuellement et très puissantes collectivement, grâce à un psychisme éminemment plastique, et donc très sensible aux déterminations langagières. Permettant de compenser la débilité propre à chaque individu par les liens de groupe, le langage donne ainsi à l'homme un pouvoir d'articulation aux effets redoutables, le rendant capable de faire absolument n'importe quoi, du Taj-Mahal aux fusées interplanétaires en passant par la danse du ventre, la recette du canard laqué, le football, les centrales nucléaires, le saut à l'élastique et l'art de la torture la plus raffinée. Cette débilité congénitale - nommée "néoténie" - ne l'empêche pas d'avoir une très très haute idée de lui-même. Son arrogance naturelle, liée à son ingéniosité et sa ruse, en fit un transformateur radical de son milieu (au risque de l'auto-destruction), un créateur d'une inventivité incomparable, mais aussi un prédateur implacable, tant à l'égard des autres espèces animales que de la sienne propre (rare dans le règne animal). - A suivre...Tout ceci entra en collision avec l'image du tableau de Gustave Caillebotte
"The Floor Scrapers (1875)"
Un début de réponse m'est apparu clairement:
Cette oeuvre remporte une certaine unanimité (je n'ai encore rencontré personne qui la décriait), Pourquoi?...
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